Vendredi 8 octobre, retrouvailles émouvantes avec Manolo, notre ami et presque collocataire de Beyrouth.
Il nous a conduit dans des lieux tous plus gigantesques les uns que les autres: le campus de Coyoacàn, le "deuxième étage", route périphérique surplomblant le premier périphérique et toute la
ville, le bosque de Chapultepec, immense poumon vert aux papillons jaunes.
Nous avons découvert les quesadillas de Huitlacoche : des champignons qui poussent au pied du maïs, que les Aztèques considéraient comme les restes de la nourriture des festins des dieux. C'est
noir et c'est bon.
Puis c'est à la cantina que s'est poursuivie la journée: on paye les boissons et la nourriture est à volonté, des différents consomés aux pozoles (potée au maïs), en passant pas
le barbacoa (viande de moton cuite dans la terre), les nopales (cactus) et la langue de boeuf. Un régal dont on sort un peu éméchés!
Mais nous avons tout de même continuer la route de la bière à la place Garibaldi où les mariachis attendent que des clients les solicitent, le temps d'une chanson ou d'une soirée. Au salon Tenampa,
"unico en la Repùblica Mexicana".
Encore une journée tranquille et citadine. Pour bien la commencer, des petites tortas au piment, con una agua fresca de avena (une boisson à base d’eau et d’avoine. Il y en a aussi à tous les
fruits imaginables et frais).
Puis, comme la chaleur des rues ne nous suffisait pas, nous nous sommes faufilés dans le métro sans air, direstion Coyoacàn, où la puissante petite Frida Kahlo a passé une partie de sa vie avec
son monstrueux mari, le peintre muraliste Diego Rivera. Et bien, nous avons visité leur maison bleue, pleine de plantes et de statues inspirée de l’art aztèque et de la culture traditionnelle
mexicaine. Reine des agaves, me suggère mon cher cousin.
Les rues de Coyoacàn sont magnifiques, colorées, à l’image de ses artistes. Voyez plutôt.
Détail d'une fresque de Diego Rivera, représentant la richesse des civilisations Aztèques et Mayas au Mexique, avant l'arrivée des conquistadors. Palacio Nacional (1929-1935).
Lever en douceur et première dégustation de spécialités mexicaines (oui, je n’ai pas mentionné la bière hier soir, mais c’étaient les retrouvailles) : ben, c’est
bon ! Tamales et autres … ouf, impossible de se souvenir du nom. On en remangera pour voir !
Au programme du jour : visite du centre historique (cf. album photo). Le Zocàlo, cette grande place carrée caractéristique des villes du sud de ce continent, imposante avec ses pavés en lave
grise. Tout apparait géant ici : les églises, les statues, les fresques de Diego Rivera au Palacio Nacional. Y’a que les gens qui semblent petits. Nous, du haut de nos mètres
soixante/soixante-dix, on parade, tels des autruches.
Et quelle tranquillité ! Personne pour nous vendre des machins, nous proposer des taxis à toute heure, nous entraîner dans quelque magasin de souvenirs en plastique… ça nous manque
presque !
Ce blog aurait pu démarrer à partir du moment où nous avons commencé à émettre l’hypothèse d’un grand périple à travers un continent de notre choix… Depuis l’Egypte, précisément, où le projet est
né, a mûri, s’est peu à peu organisé, surtout en pensées.
Mais nous avons laissé derrière nous les pyramides, les bruits du Caire, ses couleurs et ses odeurs aimées, des amis et des bons moments sans rien en écrire, car ce voyage n’était que projection.
L’idée de partir, si délicieuse soit-elle, est toujours moins évidente quand on aime.
Oui, l’histoire commence bien au Caire.
Puis elle s’est précisée en France, cet été 2009, où nous avons appris quelques notions d’espagnol, parlé de voyage (et autre) avec nos incommensurables amis, échangé
informations et rêves fous. Mais ce n’est qu’en août que nous avons acheté les billets… enfin, LE billet, aller sans retour, pour être plus libres. Assurance de voyage, vaccins, lotions
anti-moustiques, guides et cartes, optimisation de l’espace pour faire entrer dans un sac à dos assez d’affaires pour 7 mois, et que ça reste léger. ET SURTOUT, nous avons profité le plus
possible de ceux qui font qu’on aime bien la vie française, les poteaux, les tréteaux, les racines. Grenoble, Lyon, Les Martets, Gironde et environs, Bretagne et Normandie, puis Lille, Paris… et
enfin…
Ce n’est qu’une fois dans l’avion que nous nous sommes dit que le rêve se concrétisait.
Douze heures après, nous survolions le Mexique. Et là, nos esprits fatigués mais excités par l’aventure se trouvaient assaillis de mille questions. Ce n’est pas un voyage comme
« d’habitude », sur un mois ou le temps d’un contrat. Que va t-il se passer pendant ces sept mois ? Allons-nous atteindre Buenos Aires ? Quels pays ? Quelles
rencontres ? Va-t-on voir des paresseux, des pumas, comme dans le poème de Neruda ? Des Volubilis ?
Puis l’avion est passé sous les nuages, la terre, des montagnes vertes découpées au hachoir. Tout avait l’air immense et nous étions pourtant haut. Les forêts aux bras de chlorophylle, les grands
carrés verts ou jaunes des champs, des formes étranges, volcaniques, des usines… et la ville.
Immense, incroyable, inimaginable. Et les couleurs si proches, les tours d’immeubles nous semblaient presque un danger pour l’avion qui tournoyait à une distance presque pas
raisonnable. Je crois, Emilie, que nous avons ressenti les mêmes sensations que tu nous a décrites cet été ! Un aéroport dans la ville.
A l’arrivée, climat agréable, retrouvailles chaleureuses avec Manu, le cousin Réglat, qui en venant nous accueillir, a fait claquer la porte de chez lui, se retrouvant dehors sans clef – et nous
avec. Il nous a donc entrainés dans une course nocturne et bien agréable dans les rues de Mexico, à la recherche de sa colocataire et du deuxième jeu de clefs. Barrio de la Roma, la Condesa, des
jardins et des jolis restaurants.
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